Rechercher
  • Duess28

Un homme fort pour planter des clous?

Ce matin, Angélique n’est pas là, problème j’ai besoin de son aval pour avancer sur mon boulot en cours. Je décide d’avancer sur autre chose.


De nouvelles idées



Margaux a l’air occupée, donc autant lui prendre le moins de temps possible sur des questions que je peux résoudre avec un peu de recherche.

Je commence donc a avancer sur les licornes et les designs des labos. Je finis ma matinée sur des idées de design qui ont l’air de plaire à Margaux.

Angélique arrive, malade. Elle a réussi à se sortir du lit pour ne pas me laisser galèrer toute seule au bureau. Je lui présente mes idées qu’elle valide.

On a donc décidé de faire une corne lumineuse pour l’une des licorne et de faire de la récup pour les labos.


Pour la corne, on doit à nouveau arpenter les rayons des magasins pour acheter du matériel de modelage / moulage.

Angélique est au bout de sa vie, j’essaye de faire au plus vite. J’en apprends toujours un peu plus sur Vlam, son fonctionnement. Je suis de plus en plus charmée par cette entreprise. Au final ces courses sont toujours des bons moyen de discuter et de faire un peu plus connaissance.





Ma Condition de Femme Faible


Pendant notre périple, nous étions censé trouver des clous et une poignée de porte. Rien de très extraordinaire me direz vous.. que n’êtes-vous prêt!


On regarde sur le GPS le magasin de bricolage, on en trouve un. Il s’avère que le dit magasin soit en fait un magasin réservé au Pros. Il faut donc la carte pour rentrer. On rencontre un monsieur qui nous laisse y accéder avec la sienne (un système fiable à 100%) en nous lançant un petit «j’espère que vous avez de l’argent».. Je sais que c’est de l’humour.. mais vous voyez y’a dans la vie, y’a des blagues drôles et y’a des remarques juste déplacées de gros beauf. Je ne suis pas très objective en écrivant ces lignes, vous comprendrez.


Bon le monsieur est quand même gentil, il nous a laissé rentrée.


On cherche, on trouve ce qu’il nous faut.


On passe à la caisse.


Le même monsieur est juste derrière nous. A parement curieux de voir une espèce de «Féminus fragilus vaginus» dans cette contrée lointaine et exotique qu’est ce magasin de bricolage, il nous observe. Peut être écrit t’il un documentaire animalier, pour rapporter à ses congénères «Homus Beaufus Misogynus» un rapport détaillé concernant notre mode de vie.

Enfin tout ça pour dire qu’il regarde ce que l’on achète et ne peut s’empêcher (peut-être, était-ce une question de vie ou de mort) un énorme «Faites attention à ne pas vous taper les doigts les filles»..


Petit retour à la réalité. J’ai rarement entendu une remarque aussi déplacée et sexiste. Ça peut paraître anodin comme ça, mais ça ne l’est pas du tout. Parce qu’il est vrai que ma condition de femme fragile et bête m’empêche de clouer un clou sans me taper sur les doigts. Et ce même si je plantais des clous déjà à 8ans. Que sait cette homme de ma capacité a planter des clou ou non? T’es qui toi pour étaler ta bêtise sous mon nez?

Tout ce que ce monsieur a devant les yeux ce sont deux nanas qui achètent des clous, et la seule chose qu’il trouve de bon et intelligent à dire c’est «faites attention à ne pas vous taper les doigts les filles»?


Waw.


Peut être que si j’avais été un homme m’aurait-il demandé si j’avais pu trouver ce que je voulais. Peut être aurait il pensé que si j’achetais des clou c’était parce que j’en avait juste besoin et que ma dextérité naturelle d’homme fort m’aurait permis de comprendre qu’elle était la plus juste façon de planter des clous. Encore mieux, peut être ne m’aurait-il simplement pas adressé la parole et laisser vivre ma vie comme je l'entends.


Enfin je m’étale sur cette remarque surement pas dite méchamment, mais c’est bien le problème. Il reflète parfaitement ce qu’un de mes professeurs Jérémy nous disait en cours: C’est un monde d’homme et je vais galérer à me faire une place en tant que chef dans ce monde d'homme.

Si cette remarque a l’air d’être sans importance, elle reflète très bien comment sont perçue même inconsciemment les femmes qui aiment un peut les travaux manuels, ou qui aimerait travailler dans des milieux en grande partie occupés par des hommes. Et toutes ses remarques dites sois-disant sur le ton de l’humour participent au sexisme collectif, conscient ou pas. Si ce mec que je ne connais ni d’Adam ni d’Eve se permet une telle liberté c’est qu’il ne conçoit surement pas qu’une femme lambda puisse le supervisé. Il se voit plutôt comme le superviseur, le sauveur, qui prévient.


Il y a des femmes qui doivent surement entendre ce genre de phrases tous les jours, et ce doit être pesant. Pour ma part c'est assez rare, voilà surement pourquoi je me formalise.


En tout cas il m’aura bien échauffé les oreilles celui là. Je peux vous assuré que j’ai cloué avec conviction cet après-midi.

0 vue